La Chapelle de Montagnard

Nouvelle table d'orientation posée le 15 novembre 2020

La chapelle "Notre-Dame des Blés" se trouve au sommet d’une colline qui domine le village, appelée MONTAGARD qui vient de "Mont" et "à gard" désignant un lieu d’où l’on peut surveiller, "garder" les alentours. A son sommet on découvre "le plus beau panorama de l’Auvergne". La vue s’étend en effet sur le sud-ouest du département jusqu’aux lointains clochers de Puy-Saint-Gulmier et d’Herment, à quelques 40 km. Par temps clairs on distingue même à l’est les Bois Noirs de Thiers par dessus la plantureuse Limagne, et comme fond de cet incomparable tableau : la majestueuse chaîne des Dômes et des monts Dore.

Des explications sur l’existence et l’histoire de cette chapelle sont données par un petit document affiché sur place, à l’intérieur. Depuis la chapelle, la vue est magnifique vers le sud : le puy de Dôme se détache bien, entouré des volcans voisins, et la chaîne du Sancy apparait en arrière plan. Côté nord, la vue donne sur un vallon dominé par la crête qui culmine à 804 m (bois de Pionsat). Pour s’y rendre, le mieux est de laisser la voiture au départ de la deuxième route à droite après l’église et de marcher un peu ; on peut aussi laisser la voiture 500 m plus loin, au début du chemin qui mène à la chapelle.

UN PEU D’HISTOIRE.....Une vieille coutume voulait que les paysans de la région fissent bénir quelques épis de blé avant les semailles d’automne, le dimanche qui suit la fête du 8 septembre, pour les mêler aux grains à semer, et attirer ainsi sur leurs champs la protection de Notre-Dame. Le centenaire des apparitions de Lourdes en 1958 allait fournir au curé de Gouttières, l’abbé A.M. GRANGE, l’occasion attendue pour raviver et rénover cette dévotion, en la dotant à la fois d’une chapelle et d’une statue de la Vierge.

Quelques paroissiens, persuadés que la beauté du site de Montagard ne pouvait favoriser que le pieux désir de leur curé, suggérèrent de remplacer la croix qu’il y avait récemment dressée par une chapelle commémorative. Le projet fut présenté à Monseigneur de la Chanonie, évêque de Clermont : il vint lui-même, le 7 mai 1958, approuva l’emplacement de la future construction, et lui attribua le vocable de Notre Dame des Blés.

Le 6 décembre, le terrain était gracieusement cédé à l’association diocésaine par les deux familles propriétaires. Restait à bâtir la chapelle : l’intrépide curé se fit architecte, terrassier, maçon...à l’exemple des moines de jadis. Deux jeunes se présentèrent les premiers pour l’aider à établir les fondations, puis peu à peu, chacun dans le village voulut fournir sa part, qui en travail, qui en matériel, qui en dons divers. Tant et si bien que la chapelle, dont la première pierre avait été bénite le 27 août 1959 par l’archiprêtre de Riom-Saint-Amable, pouvait être inaugurée le 11 octobre suivant, par le vicaire général, Monseigneur Jean Dozolme qui deviendra évêque du Puy-en-Velay. Ainsi grâce à l’effort de tous, quelques semaines à peine avaient suffi à créer ce nouveau centre de dévotion mariale. Le parchemin enfermé dans l’une des pierre de la fondation souligne cette heureuse unanimité. Cette même pierre contient 4 médailles offertes et une autre pierre contient un fragment du rocher de Massabielle envoyée par Mgr Théas, évêque de Lourdes. Quant à la statue Notre Dame des Blés, c’est une gracieuse statuette en bois du XVIII e siècle. Son bras gauche soutient un enfant-Jésus. Cette statue fut offerte à l’abbé Grange par des paroissiens de Cunlhat alors qu’il y était vicaire.

L’inauguration de la chapelle eut lieu le 11 octobre 1959. Elle débuta par une procession champêtre de l’église à la nouvelle chapelle (à 1200m.) Notre dame des blés entourée d’enfants, trônait sur un tracteur flambant neuf, fleuri de bleu et de blanc. A l’entrée de la chapelle, le curé fondateur-bâtisseur, qui voyait enfin la réalisation de ses rêves, bénit solennellement la statue de Notre Dame. Puis, donnant libre cours à sa joie, il remercia le vicaire général représentant l’évêque de Clermont, les donateurs, les ouvriers bénévoles, ses paroissiens, et les nombreux pèlerins venus des communes environnantes. La procession se reforma alors pour regagner l’église où la statue allait être installée pour ses quartiers d’hiver. Suivit la grand-messe célébrée par Mgr Dozolme Vicaire général. La cérémonie se termina par la bénédiction de la gerbe de blé nouveau, toute enrubannée, offerte par le hameau des Bouchauds d’où été venus les nombreux maçons qui avaient édifié la chapelle. Faut-il ajouté que les assistants se disputèrent allégrement ces épis bénis, pour les mêler comme jadis aux semences futures, et en distribuer quelques grains à leurs bêtes. Depuis ce jour, la dévotion à Notre Dame des Blés s’exprime sur une sorte de rythme binaire : montade à sa chapelle de Montagard le dimanche qui suit le 25 mars ou le 1er dimanche après Pâques, pour son séjour d’été au milieu des champs de blés ; dévalade à l’église paroissiale, le dimanche qui suit la fête de la maternité de Marie (11 octobre), avec le concours de tous les curés des paroisses environnantes. Là-haut, sur le modeste piédestal qui surmonte l’autel de sa chapelle, fait d’une belle cheminée Louis XIV,elle accueille indistinctement moissonneurs et touristes, paysans pèlerins de la région et citadins venus de loin pour admirer le site. Plusieurs plaques de marbre attestent déjà leur reconnaissance pour des faveurs reçues. (D’après un document de 1960 de l’abbé GRANGE)

NOTRE DAME DES BLES au milieu des blés !